Nouvelles et actualités

Toutes les nouvelles et actualités

Anne-Claire Poirier nous a quitté : lire le témoignage de Michèle Sirois

Articles - Image d'intro

Le 28 septembre dernier, j’apprends le décès d’Anne-Claire Poirier, pionnière d’un cinéma féministe québécois avec le film De mère en fille. J’étais là, et même parmi les organisatrices, en 1979 lors du tribunal des femmes à l’auditorium du Cégep du Vieux-Montréal pour diffuser le film Mourir à tue-tête.

Près de 1 000 femmes, et que des femmes, pour regarder ensemble et discuter après coup du film. À ce moment-là, j’étais secrétaire du Rassemblement des femmes du Québec qui a été fondé, entre autres, par Andrée Yanacopoulo, décédée elle aussi l’an dernier à l’âge de 97 ans. Ce tribunal populaire de femmes a été une expérience inoubliable pour moi. Un moment de recueillement et de témoignages qui parle de la violence faite aux femmes, parce que femmes, mais aussi de la solidarité des femmes entre elles pour accroître leur pouvoir de changement.

Il est long le travail de conscientisation des femmes et des hommes, mais on obtient certaines victoires qui font cheminer les mentalités, les lois et les structures de la société qui, à leur tour, nous amènent d’autres victoires. Cela demande courage et patience. Qu’on se rappelle la loi Gabie Renaud adoptée au printemps 2026 ou le tribunal spécialisé pour accompagner les femmes et traduire en justice les auteurs d’agressions sexuelles.

Nous devons beaucoup à la cinéaste Anne-Claire Poirier, décédée à l’âge de 94 ans.


Mort d’une pionnière du cinéma québécois

Anne Claire Poirier, une pionnière du cinéma québécois, du cinéma féministe et du cinéma des femmes, s’est éteinte dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 94 ans. Sa mort a été confirmée par l’Office national du film du Canada (ONF).

André Duchesne, 28 septembre 2026, La Presse

Au début de sa carrière, dans les années 1960, Mme Poirier a plus d’une fois tracé le chemin vers l’arrivée des femmes à la réalisation au sein du cinéma québécois, une chasse gardée des hommes, jusque-là.

Entrée à l’Office national du film en 1960, elle fut la première réalisatrice en poste au sein de cette institution, réalisant une première œuvre, 30 Minutes, Mister Plummer, en 1963.

« Elle a été la première femme francophone à devenir réalisatrice et productrice à l’ONF, et la série de films qu’elle a codirigée dans les années 1970, En tant que femmes, a contribué à asseoir définitivement la place des femmes dans l’institution. Il s’agit d’une grande perte pour le milieu du cinéma et pour le Québec », indique Suzanne Guèvremont, commissaire du gouvernement à la cinématographie et présidente de l’ONF, dans un communiqué de presse.

Liette Desjardins dans De mère en fille, une réalisation d’Anne Claire Poirier

Avec De mère en fille en 1968, un essai ou une fiction documentée, elle devient la première femme à réaliser un long métrage, toutes catégories confondues. Avec La vie rêvée en 1972, on accordera à Mireille Dansereau d’avoir été la première Québécoise à réaliser un long métrage de fiction.

Tout au long d’une carrière couvrant quatre décennies, Anne Claire Poirier a consacré une partie importante de son travail à la vie, aux revendications et à la cause des femmes tout en dénonçant les injustices commises envers elles.

Elle a été l’une des premières femmes à faire du cinéma au Québec et elle a surtout amené un véritable cinéma qui amenait une pensée critique, dans un cadre féministe.

Marcel Jean, directeur de la Cinémathèque québécoise et historien du cinéma De mère en fille traitait par exemple de la maternité, mais aussi, avant l’heure, de conciliation travail-famille. Le temps de l’avant abordait la question de l’avortement alors que Mourir à tue-tête parle du viol et des violences commises envers les femmes.


L’ensemble de la filmographie d’Anne Claire Poirier est disponible gratuitement sur le site de l’ONF.


 

Retour à la liste des nouvelles