Mohand Abdelli, ingénieur, dit : « Pour moi, la laïcité et la démocratie vont de pair. Je ne peux imaginer vivre dans un pays autre que démocratique. Pourquoi? Je suis né dans un pays en guerre, vite remplacé par un pays totalitaire. L’indépendance physique, arrachée aux colons, a été remplacée par un colonialisme psychologique.
Je suis arrivé au Québec en 1981, et c’est dans cette terre d’accueil que mon émerveillement est né : je découvrais la démocratie et la laïcité dont je ne connaissais strictement rien. Je découvrais une société composée d’un grand nombre d’identités qui vivaient en harmonie, car les règles établies ne tenaient compte ni des ethnies ni des religions. Mais cette laïcité a été de plus en plus attaquée par des groupes religieux d’où la nécessité de légiférer sous peine de l’affaiblir et de l’affubler d’adjectifs qui en réduisent le sens et la portée.
Le projet de loi garantit le droit de pratiquer ou non la religion de son choix. La laïcité n’est pas une idéologie ni une doctrine de haine. La laïcité met tous les citoyens sur un même pied d’égalité devant les lois. Elle ne brime les droits de personne. Le Projet de loi 21 est un début et non pas une fin, j’espère, car comment expliquer qu’on protège les enfants des écoles publiques, mais pas ceux des écoles privées? Comment justifier que le projet de loi ignore les centres de la petite enfance où se construit et se modèle le cerveau des jeunes enfants? J’appuie la loi car, sans la laïcité, toutes sortes de dérives sont possibles qui créeraient des clivages qui mineraient la paix civile et enclaveraient les communautés.
La laïcité, c’est le pilier central de toute démocratie émancipée. »