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Déjà 10 femmes tuées dans un contexte conjugal au Québec en 2026 : PDF Québec se mobilise

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Antoine Lacroix, vendredi, 8 mai 2026, Journal de Montréal

« En à peine quatre mois, le Québec déplore 10 féminicides, égalant déjà la moyenne annuelle de la dernière décennie. Un triste constat qui fait craindre le pire pour le restant de l’année.

“Chez les autres femmes qui vivent de la violence conjugale actuellement, les femmes qui sont hébergées dans nos maisons, celles qui reçoivent des services, ça vient leur faire vivre des peurs. Elles se disent que ça aurait pu être elles”, laisse tomber Annick Brazeau, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Elle réagissait au 10e féminicide à survenir cette année, cette fois-ci à Gatineau, où Shannon Jean Hickey, 30 ans, a été assassinée, dans la nuit de mardi à mercredi, par son conjoint, Tien Quan Vu, qui a ensuite mis le feu au condo pour finalement s’enlever la vie.

Tendance inquiétante

Depuis 2015, il s’agirait de la 120e femme au Québec à perdre la vie dans un contexte conjugal, selon des données fournies par le ministère de la Sécurité publique et une compilation du Journal.

 

FEMMES TUÉES DANS UN CONTEXTE CONJUGAL au Québec

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

2023

2024

2025*

2026**

TOTAL

8

6

9

5

11

9

16

14

8

14

10

10

120

 

Moyenne par année (de 2015 à 2025) : 10

 

* DONNÉES PROVISOIRES DU MSP.
** EN DATE DU 7 MAI 2026
Sources : Données du MSP et compilations du Journal

 

Et, si la tendance de cette année se maintient, le triste “record” de 2021, où 16 femmes ont trouvé la mort, risquera fort bien d’être battu, ce qui suscite bien des inquiétudes.

“C’est choquant pour tout le monde. Pour les organismes comme nous qui travaillent auprès des personnes victimes, de se dire que ça se produit encore malgré tous les efforts qui ont été mis dans les dernières années, visiblement c’est pas suffisant”, se désole Marie-Christine Villeneuve, coordonnatrice aux communications et aux relations publiques pour le réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC).

Le message ne semble pas passer

S’il y a eu plusieurs “avancées” pour les victimes et pour s’attaquer à ce “fléau de société”, beaucoup reste à faire, notamment sur le plan de la sensibilisation et de la prévention auprès des hommes violents.

“Il faut que les auteurs de violence comprennent qu’ils ne sont pas légitimes d’exercer un contrôle sur une femme, sur leur conjointe et même au-delà de ça, d’exercer un contrôle d’aller jusqu’à décider de quand sa vie s’arrête”, dénonce Mme Villeneuve.

“Les mots nous manquent, ça fait tellement de fois qu’on en parle, puis qu’on essaie de trouver les bons mots pour susciter une volonté de changer. [...] On est loin de dire que le message passe. En fait, je pense qu’on n’a pas encore atteint une masse critique de gens dans la population pour contrer la violence conjugale”, déplore de son côté Claudine Thibaudeau, porte-parole de l’organisme SOS violence conjugale.

Pour cette dernière, les féminicides sont l’indicateur ultime qu’il y a un problème beaucoup plus large de violence envers les femmes au Québec et ailleurs.

“Chaque année, on reçoit entre 50 000 et 60 000 demandes d’aide. Sur notre site Web, il y a des outils interactifs qui permettent de s’autoévaluer. Ils ont été remplis 400 000 fois en cinq ans”, illustre-t-elle.

Projet de loi

La semaine prochaine, le gouvernement de Christine Fréchette doit déposer un projet de loi qui permettra aux femmes craignant pour leur sécurité de vérifier si leur conjoint a un passé violent, en plus de permettre aux policiers d’intervenir lorsqu’il y a un risque.

L’auteur du féminicide-suicide à Gatineau, Tien Quan Vu, possédait des antécédents criminels en matière de violence conjugale.

En 2023, il avait été déclaré coupable de voies de fait causant des lésions, de la publication d’image intime d’une ex-conjointe et d’avoir communiqué avec elle alors que cela lui était interdit. »

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PDF Québec agit rapidement

Dès l’adoption du projet de loi no 4, Loi sur la communication de renseignements aux fins de protection contre la violence d’un partenaire intime et modifiant diverses dispositions législatives, PDF Québec s’est mobilisée afin de participer activement au débat public. Notre organisation a rapidement rédigé et soumis un mémoire visant à renforcer la protection des femmes victimes de violence et à s’assurer que leurs intérêts demeurent au cœur des décisions législatives.

Lire le mémoire

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